Samedi 4 août :

Dorénavant quand j'ouvre la fenêtre de ma chambre je salue le petit chiot d'en face. Il est mignon, il me regarde assis définitivement sur sa troisième marche.
Une vieille dame passe avec sa baguette sous ma fenêtre, le ciel est assez bleu.

Depuis une semaine, je n'arrive pas à oublier, à sortir de ma tête chaotique, de mon esprit embrouillé, l'image d'Olivia. Je ne peux m'en échapper.
J'ai pris conscience que le 7 était son anniversaire. Pris entre les bras d'un compresseur, tout resserré, un "César" de frustrations et de chagrins.
Le prix est attribué à … Stéphane Million…Hourra, vive le pauvre Stéphane.

Je n'ai rien fait sur Héloïse depuis que j'ai pris conscience que le 7 était l'anniversaire d'Olivia.
Le sexe ne me manque pas, tu te branles et la frustration disparaît.
Mais les moments de tendresse, ces mains sur une épaule, une chevelure autre, entendre la respiration, sentir l'odeur d'une autre personne, tu peux toujours te branler !!
Le cœur qui se resserre quand tu penses que tu pourrais être avec une jeune fille à partager des trucs, tous ces moments de solitude sur ce canapé... C'est chiant.
Penser à Olivia me tue absolument. Imaginer son rire, caresser ses magnifiques seins, je ne peux concevoir un sein sans qu'il soit sien.
Une semaine que je ne vois que ça. Je n'ai le courage de rien.

Je reçois un mail d'une jeune fille (prénommée Julie, je n'en sais pas plus) qui a un regard minutieux et inquisiteur. Elle a très justement remarqué qu'il y avait un portrait de Brasillach sur l'une des photos de chez moi. Bien joué.
Elle en conclut que je suis un ANTISÉMITE.

Je suis bien d'accord pour affirmer mon soutien au peuple Palestinien. Que je m'oppose contre le dernier totalitarisme visible, l'état d'Israël.
Mais d'antisioniste, je ne suis pas du tout antisémite.
Noé a eu un fils, Sem. Sem est l'ancêtre commun de toutes les populations de la région du Moyen-Orient.
Qu'est-ce qu'un juif ? Qu'est-ce qu'un Hébreu ? Qu'est-ce qu'un Israélite ?

On reproche à Brasillach, une phrase écrite dans la "Gerbe" ou dans "Je suis partout" où il écrit qu'il ne faut pas oublier les enfants juifs.
La phrase est choc, terrible, sans rédemption.

Je ne veux pas être l'avocat du diable, mais celui d'un poète. Les juifs, les ressortissants allemands de confession juive étaient (article 9, je crois, de l'armistice) sous l'autorité des Allemands. L'Europe danubienne, de Vienne à Prague, était nazifiée. Les Polonais, Tchèques juifs étaient désormais des Allemands juifs.
Je ne juge pas, je sors un instant du piège de la morale.
Les populations, avec l'aide des forces françaises, sont déportées. Brasillach appelle à ne pas oublier les enfants, pas pour qu'ils soient incinérés dans un camp, mais pour qu'il ne reste plus de juifs en France. Il était antisémite, c'est sûr.
Mais au jeu des antisémites, on risquerait de perdre beaucoup.
Sans faire le jeu des renvois, des phrases terribles de pères de notre philosophie démocratique, de Rousseau à Kant, il y en a beaucoup.
Le XIX et le racisme social et politique (inauguré par les philosophes du XVIIIe) est le facteur créateur des monstruosités du XXe. Lire Proudhon ou Marx (sur l'idéologie juive).
Je ne parle pas de l'antijudaïsme religieux. Entre le juif qui traite de chrétien de "juif hérétique", car Jésus et ses apôtres étaient juifs, et le sont restés toute leur vie, et le chrétien reprochant aux juifs d'être les marchands du temple. C'est du folklore…

L'immondice est née du racisme social et non d'une haine religieuse. D'ailleurs Marx s'oppose aussi bien aux chrétiens qu'aux juifs.

Mais revenons à nos "juifs", "hébreux" et "israélites".

D'après les récits bibliques, les Hébreux sont les descendants d'Abraham, issus du patriarche Eber ou Heber, lui-même descendant de Sem, fils aîné de Noé.
Abraham était le chef d'une tribu nomade d'araméen. Il quitte la région d'Our (actuel Irak, frontière du Koweit).
Il traverse la Mésopotamie, la région des deux fleuves, le Tigre et l'Euphrate. Ceux-ci représentaient le monde connu. Le mythe du déluge (de Gilgamesh à Noé) viendrait vraisemblablement d'une crue terrible des deux fleuves.
Abraham conduit son peuple jusqu'en Egypte, la majorité des araméens s'est arrêtée fonder le royaume de "Syrie", au niveau de la ville d'Haran.
Abraham et les siens traversent la Palestine, non venant des Philistins (l'un des peuples de lamer : lire Homère)
Ils s'installent en Egypte, dans la zone des Hyksos (Avaris), XVIII e dynastie égyptienne, celle de la reconquête (Ahmosis).

Abraham a un fils avec Sarah, Isaac (Ismaël avec Agar).
Isaac a un fils avec Rébécca, Jacob. Celui-ci a douze fils, les douze chefs des douze tribus. Il reçoit de Dieu le titre de "prince de Dieu", "Israël".
On appelle dès lors les Hébreux (de Heber), les Israélites.
Six générations après Abraham, Moïse quitte l'Egypte poursuivit par Yul Brynner.
Il conduit son peuple en "terre promise", "Canaan".
C'est-à-dire la Palestine. Josué acheva son œuvre. Nous sommes vers -1200.

1030-931 : Royauté et Unité, Saül, David qui soumet les Philistins, et Salomon.
Puis scission en deux royaume au Nord le Royaume d'Israël et au Sud le Royaume de Juda.

Conquête du royaume du Nord par les Babyloniens, le Sud résiste.
Mais captivité des Judéens à Babylone (vers -587). Les Judéens appelés les Juifs.

L'accusation d'antisémite est une bien belle connerie. Toutes les populations qu'elles soient aujourd'hui judaïque, chrétienne ou musulmane sont toutes des populations sémites.
De plus, il faut différencier la haine religieuse et le racisme social.
Prendre parti pour les déportés de Gaza ou de Cisjordanie n'est pas un acte "d'antiquoiquesoit", mais un acte de refus face à un crime présent.
Et comme je l'écrivais à une amie, VTC, j'aime Brasillach pour sa poésie, son air paumé qui le conduisit à la collaboration.

Voilà pourquoi j'aime Brasillach :

Il faut aimer le bonheur avant tout,
L'eau qui se froisse sous le vent,
La grappe rose et cette pêche d'août
Qu'un ange apporte à l'enfant.

Il faut aimer la peur dans les couloirs,
Les albums avec le singe et l'ours,
La pelouse avec ses deux miroirs
Où tombe le jour.

Voici le cerceau sous les marronniers bleus :
Vers la clairière rouge il court encor,
Et la barque de bois qui servait à nos jeux
Appareille quand je dors.

Il faut aimer le sommeil qui nous rend
Le pain, le sel, le bonheur oublié,
Le jour de mai sur les buissons luisants,
Et l'enfant aux groseilliers.

Juillet 1929

Ses articles de "Je suis Partout", je ne les aime pas tous. Mais rares étaient ceux qui étaient d'ordre politique.
En 43, dans le "Petit Parisien" où il est chroniqueur littéraire, il fait l'éloge du livre d'Elsa Triolet "Le cheval Blanc" chez Denoël.
Ne jugeant que le contenu sans prendre en compte son "amitié" avec Aragon.

Mais je dois bien reconnaître que cette suspicion qui pèse sur moi dès que j'évoque Drieu m'a peut-être conduit à "un fanatisme un peu excessif". Par réaction.