Lundi 6 août :

"Que le chant de ma paresse emporte la rumeur de mes derniers soucis"

J'ai maté "Dune" de Lynch (1984) ce matin, et j'apprends en feuilletant le Parisien chez mes grands-parents que le film passe ce soir sur ARTE !
C'est cool d'avoir des dons de prémonition, mais je suis parti pour le revoir ce soir.
"The sleeper must be awake"...
J'ai donc pensé pour résoudre mes problèmes de découvert, les agios qui s'accumulent, de contacter un service de rachats de crédits.
J'ai refait mon appartement et je l'ai aménagé avec ces crédits, en me souvenant de la loi que M Thiercelin, notre prof d'économie au lycée Jules Ferry, nous avait enseigné : le crédit crée le crédit... Bullshit !
J'en ai abusé, car je suis parfois un insouciant. Je pensais peut-être que les choses allaient s'arranger, je le crois toujours.
Donc, je me réveille. Une belle journée d'action, de prémonition.
J'ai envoyé une carte à Olivia. Je ne pense plus à ses formes.
Je découvre que Martine Carol (ma première humhum) est morte en 1967, une année qui me fascine.
Je fais des recherches sur "DUNE" de Lynch, je découle sur Tod Browning, un assistant de Griffith, la boucle se boucle toujours.
Am I the one ?
Les fremens nomment Paul Atréides, Azul, je n'avais pas percuté. Je lis un article sur Ferreri, son premier film "El secreto de los hombres azules, (1960) !!! le secret des hommes bleus.

The sleeper has been awaken !

Réveillé à 8h30 par l'entrée dans ma chambre de Stefan que je croyais être parti en Pologne.
Il a été retardé, des problèmes de paperasses.
Je ne sais quand il dort, il avait chargé un camion la nuit du mercredi au jeudi, le jeudi, nous avions tous deux préparé un chargement, le soir il avait mangé au resto (sur Paris, celui de Mousse Diouf) avec son amie, Karine, le lendemain dès 8 h nous étions en plein boulot.
Mais le resto de la veille lui avait empêché de faire ses factures. Maudites femmes !
Travail, restaurants, cadeaux, la futilité est une bien révoltante chose.
Il aurait dû partir samedi pour la Pologne, il ne partira que ce soir.
Fatigué, préoccupé, il est tout de même allé au cinéma avec Karine pour mater la nullité "Le tombeau". Je n'ai aucune envie de le voir pour justifier mon dégoût.
Il est donc passé rapidement pour envoyer ses mails de mon ordinateur, puis est parti à un rendez-vous, à toute allure.
Je ne comprendrais jamais cette folie de la vitesse. Je comprends le besoin d'agir, mais la précipitation, non.
C'est un type coriace en affaire, mais dès qu'il s'agit de son amie, il ne raisonne plus.
Le travailleur a besoin de repos, de soutien, et non de frivolité, d'insouciance dangereuse.
Mais je ne veux pas juger, endosser le rôle d'inquisiteur.
Une chose est sûre, ce n'est pas ce genre de femme qui me manque.

"Un homme debout au milieu des ruines" telle est ma sensation face à ce monde.

D'ailleurs ce qui manque à l'homme solitaire, qui choisit la solitude, ce n'est pas tant l'individu-femme que les arabesques d'une femme. C'est l'objet esthétique qui manque parfois.
C'est un besoin sensitif, tactile, olfactif, visuel. Une contemplation.
La complicité, la tendresse sont des états précieux, et donc rares. Je crois à la rareté de ces états. Cette sublimation.
Mais ce n'est qu'un rêve, un leurre lors de mes inclinations pessimistes, une illusion lors de mes inclinations réalistes.

Je sais pourtant que cette contemplation réalisée ne pourrait combler mes attentes. Je me lasserais vite. Je le sais.
Je n'ose pas penser à l'état de sublimation. Ce n'est qu'une connerie, pour les gosses.

J'ai plus conscience de ma vie, de cette voie qui conduit à la mort ; je jouis plus que de toute autre manière du monde. Je goûte avec plus de ferveur la fleur, l'arbre et le nuage, en étant dans un état de solitude contemplatif. Le temps passe avec plus de présence, on sent sa présence. Le temps nous accompagne toujours, à chaque instant.
La vie devient une balade, avec ses moments d'abandon, mais une balade lente et attentive.
"Aware" dirait JC VD.

L'icône du promeneur païen est la courbe de la femme. Ma promenade est du domaine du paganisme. Je ne crois pas à l'image, celle d'un dieu, d'une idée. Je ne tranche pas entre les écoles théologiques ou philosophiques.
Croire en dieu m'est impossible, je ne peux.
Adhérer à une école métaphysique est du même domaine, chercher des concepts philosophiques, c'est accepter la nature de Dieu, même pour les penseurs athées.
La philosophie recherche les fins de l'homme, s'interroger sur la finalité des hommes, c'est déjà accepter leur part divine.
Quand il y a rien à comprendre.