Mercredi 8 août :
J'ai toujours été assez flippé
de regarder le ciel étoilé. Fasciné et angoissé,
cette illusion d'instantané, cette vision dans le passé. Le ciel
que j'observe est une réalité disparue, la plupart des étoiles,
des petits points lumineux n'existent plus au moment où j'en prends conscience.
C'est vrai pour tout, entre l'objet et notre vision, il y a le facteur de vitesse
et de temps, je le sais bien. Mais pour ces nuits étoilées que
les médias nous rabâchent en ce mois d'août, ce n'est pas
en secondes ou en minutes mais en années.
Retour vers le passé, bien plus fort que le petit Marty.
C'est toujours le même petit vieux malicieux
et goguenard qu'on se tape pour ces soirées télévisées.
D'ailleurs un non-sens, nous proposer de regarder le ciel de notre poste de
télé, c'est bien triste.
"Yeah ! J'ai regardé le ciel toute la nuit sur TF1" !
TF1 devient de plus en plus, comme toujours,
un "Worst of" de CBS, la chaîne des vieux aux USA.
Passons sur le "Jéopardy" et la "Roue de la fortune",
pourquoi pas ? (parce que pas !), mais là, ils ont adapté la connerie
de "Survivor", un truc à la mords-moi le nud, et ils
ont pris aussi le jeu "Le maillon faible", la conne qui présente
sur CBS n'est pas aussi grosse que la version française, mais pour la
coupe et les lunettes, c'est kif kif.
Ils prennent toujours les trucs les plus nazes,
pas les shows de la nuit, Conan O'Brian (NBC, je crois) ou David Letterman (CBS),
c'est nickel, mieux que Dechavanne ou MOF !
Ce qui est bien, dans l'idée, parce que
dans la réalisation, ça craint, c'est le principe des téléfilms
de qualité, avec des acteurs qui viennent du cinéma.
On confond encore tout, les bons acteurs, on arrive à les trouver, Depardieu,
peut-être un peu trop, mais des types comme Arditi, Rochefort, et même
Bebel, avant de clamser, mais l'analogie s'arrête là.
Donc, aux USA, les projets trop ambitieux, soit par la longueur, soit par le
sujet (adaptation d'un roman, d'un passage historique) sont détournés
vers des productions du câble, HBO en général.
Donc, les grands comédiens, de Martin Sheen à William Hurt (tous
deux oscarisés) et tant d'autres tournent des projets de qualités,
avec des RÉALISATEURS, David Lynch n'hésite pas à faire
des téléfilms.
En France, on pense encore en production-feuilleton,
quand des budgets sont assez énormes, ils sont bouffés par Gérard.
Et surtout le staff technique est souvent très mauvais, la grosse naze
qui adapte à tout va, Josée Dayan est un exemple de la mauvaise
voie choisie par la France.
On a choisi de suivre un bon concept américain, mais l'on ne va pas jusqu'au
bout. Ce sont des types comme Beineix, comme Resnais qui devraient faire ces
réalisations, et non ces débiles de Moati ou Dayan.
Ce sont des films avant tout. Que Depardieu massacre les caractères de
Balzac, Hugo et les autres de la Pléiade, c'est un fait, mais un fait
accentué par les misérables réalisations de mauvais réalisateurs
que les productions décérébrées choisissent.
On a compris dans la pub que la qualité de la réalisation était
fondamentale, ou peut-être est-ce un moyen pour de jeunes cinéastes
de se faire la main et connaître (zeugma !) ?, mais le fait est que ces
types réalisent ensuite, en général, des films-cinéma
de qualité.
Il faudrait, à l'image d'un Lynch, que
cette nouvelle génération n'hésite pas à s'investir
artistiquement à la télévision.
C'est triste, la production cinématographique française, depuis
Verneuil qui avait tout compris, j'ai l'impression que les types sont hémiplégiques
du bulbe.
Christopher Gans a tenté le pot-pourri, grand spectacle, casting à
l'européenne, mélange des films de genre, esthétique des
grands imagiers et aussi des clippeux, avec un scénario qui tenait difficilement
la route, le résultat pêche un peu par son manque de cohésion,
de liant.
Mais l'exemple est donné, suivi par la réalisation de films de
genre, le film d'horreur "Scream" à la française, le
thriller "Seven" à la française. Ça tient dès
fois la route.
Le public ne suit pas ce qu'il doit sentir comme des ersatz hollywoodiens. On
n'a pas de comédiens capables (avant Delon ou Belmondo) d'imposer un
tel virage, Le Bihan s'essaie mais le pauvre patine. Mais patine dans la bonne
direction.
Il y a que les farces qui marchent (Taxi, Vérité,Jet
set
), des trucs qui sont archi nuls. Qui ne témoignent ni du film
d'auteur que je respecte, ni du film-spectacle qui a ses qualités.
Loin du burlesque qui est génial, loin de l'absurde, loin de l'humour
scato pipicaca, loin de tout, ce qui marche en France est une sorte d'apogée
de la nullité. Des castings à l'envers, des trucs assez incroyables,
des présentateurs télés devenus acteurs de ciné.
C'est une recette qui marche quand les types ont du talent et l'ont démontré
(Bill Murray, Billy Cristal, Mike Myers, Eddie Murphy
) mais j'ai l'impression
que le pays de Jouvet et Gabin a oublié ce qu'était un acteur.
Bruno Solo peut être drôle chez Bravo, sans que cela signifie qu'il
est capable d'être un bon comédien, d'interpréter "Napoléon".
Le renversement total :
À la télé, les acteurs subissent les méfaits de
mauvais réalisateurs.
Au ciné, ce sont les nullités jouées par des animateurs
télés qui marchent.
Dès fois, ça marche, Elie Seimoun est moins mauvais au ciné
que dans ses "sketches".
José Garcia est un bon exemple, celui d'un vrai bon acteur. Mais combien
de nazes faut-il se taper pour sortir un José Garcia ?
Je commence à me perdre dans mes contradictions.
Que de bons réalisateurs viennent aider les productions de téléfilms.
Que la règle du passage des comiques télés au cinéma,
vraie aux USA, ne soit pas une figure imposée en France.
Parce que ces dits comiques télés en France n'ont pas les shows
que les autres ont aux USA, ce ne sont pas les mêmes données. Les
comiques US sont des comédiens avant tout, des comédiens qui ont
choisi un répertoire comique.
Alors que nos comiques sont déjà à peine comique, s'interroger
sur leur qualité de comédien est une aporie.